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		<title>Un point sur la réforme du système financier mondial</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 16:04:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis le début de la crise des « subprimes », fin 2007, les diverses réunions du G20 (5 au total) ont tenté de faire avancer plusieurs chantiers de réforme, destinés à stabiliser et à réguler le système financier international. Où en sommes-nous aujourd’hui ? On peut regrouper les diverses initiatives prises en 3 catégories : la refonte du système [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de la crise des « subprimes », fin 2007, les diverses réunions du G20 (5 au total) ont tenté de faire avancer plusieurs chantiers de réforme, destinés à stabiliser et à réguler le système financier international. Où en sommes-nous aujourd’hui ? On peut regrouper les diverses initiatives prises en 3 catégories : la refonte du système monétaire international ; la régulation des marchés financiers ; la surveillance des systèmes bancaires.  Arrêtons- nous sur chacun de ces points.  <strong></strong></p>
<p><strong>Bernard Marois </strong>- Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC  <span id="more-596"></span><strong></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La refonte du système monétaire international</span></strong></p>
<p>Les objectifs principaux d’une réforme concrète du système peuvent s’énoncer de la façon suivante : limiter la volatilité des monnaies entre elles ; diversifier l’offre des monnaies de réserve, pour diminuer l’hégémonie du dollar ; rapprocher les parités de leur valeur intrinsèque (c’est à dire réévaluer le <span style="text-decoration: underline;">yuan</span> chinois). Il faut admette que peu de progrès ont été réalisés sur ces différents points ! Les Chinois refusent de se plier à des contraintes extérieures. Ils réévalueront leur monnaie à un rythme lent (pour éviter de nuire à leur avantage compétitif). On peut seulement espérer qu’ils continueront à libéraliser les régimes de conversion du yuan, ce qui devrait permettre à cette monnaie d’évoluer vers sa valeur intrinsèque… d’ici 5 ou 10 ans. Par ailleurs, les principaux pays du monde se sont mis d’accord sur un renforcement du FMI (Fonds Monétaire International), avec, à moyen terme, l’intégration du yuan dans la définition des DTS (Droits de Tirage Spéciaux), monnaie de compte utilisé par le fonds. Cette initiative, jointe à l’extension à la convertibilité du yuan, mentionnée précédemment, devrait favoriser une diversification monétaire, destinée à favoriser l’émergence d’un système monétaire international <span style="text-decoration: underline;">multipolaire</span> (dollar, euro, yuan).  <strong></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La régulation des marchés financiers </span></strong></p>
<p>Elle vise plusieurs « boucs émissaires », considérés comme co-responsables de la crise actuelle. On citera successivement : les produits dérivés, les agences de notation, les paradis fiscaux, la spéculation.</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">Les produits dérivés (options, swaps ; futures, CDS, etc.) </span>Un effort sera fait pour rendre ces produits moins opaques en diminuant au maximum les marchés dits « de gré à gré », qui font l’objet de transactions bilatérales non publiques (donc sans cotation « officielle »). D’où l’obligation d’enregistrer ces opérations officiellement  et de les faire migrer à travers des « chambres de compensation », entités plus faciles à contrôler et qui obligent leurs intervenants à donner des garanties (dépôts, appels de marge). Cependant, ce dossier considéré comme brûlant lors des premiers G 20, a été remisé au second plan, à la suite de la crise de la dette publique, à partir de 2010. Notons quand même une avancée en ce qui concerne les Credit Default Swaps (CDS) relatifs à la dette publique des Etats : la France et l’Allemagne vont interdire les opérations « à nu » (dans lesquelles l’acheteur n’est pas en risque, car non-détenteur de la dette sous-jacente).</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">Les agences de notation</span> Situées aussi dans « l’œil du cyclone », on leur reproche d’avoir une action « procyclique » lorsqu’elles dégradent la note d’un pays. De ce fait, elles accentuent les difficultés de l’Etat visé.  Deux initiatives sont à l’étude, pour contrecarrer ces effets dévastateurs. La première consisterait à créer une agence véritablement « européenne » (donc moins sensible, pense-t-on, aux lobbys financiers anglo-saxons). La seconde envisage une interdiction de noter un pays, quand ce dernier est « sous assistance internationale ». Pour l’instant, aucune décision ferme n’est intervenue sur ces 2 projets.</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">Les paradis fiscaux</span> Selon certaines sources, l’évasion fiscale représenterait 150 milliards, rien que pour l’Union Européenne et viendrait amplifier une spéculation internationale, considérée comme déstabilisatrice. A la suite de négociations bilatérales, la plupart des paradis fiscaux (il y en a une quarantaine !) auraient promis de faire des efforts de transparence et de lutte contre le blanchiment d’argent sale. Seul 9 pays resteraient identifiés comme « non coopératifs » (listes noire et grise). En outre, le sujet a été un peu éclipsé depuis par la crise de la dette.</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">La spéculation et la taxe Tobin</span> Au jour d’aujourd’hui la France et l’Italie (mais sous réserve d’accord européen) ont donné leur accord pour taxer les transactions financières<sup>(1)</sup>. <span style="text-decoration: underline;">Celui-ci</span>, pourrait être étendu aux autres pays de la zone euro avant 2014. Par contre, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et une grande majorité des pays en développement y sont hostiles. Reste à savoir quelle sera l’assiette exacte de cette taxe, ainsi que son taux, son mode de prélèvement et son affectation. Un énorme chantier pour les prochaines années.<strong></strong> <strong></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La surveillance des systèmes bancaires</span></strong> <span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Pour le moment, les réflexions portent sur 2 champs : le renforcement  des capitaux propres des banques, pour limiter le risque de faillite, d’une part, et, l’éventuelle séparation des activités de détail (« retail banking ») et de la banque d’affaires, d’autre part.</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">Le renforcement des capitaux propres</span> La plupart des pays sont d’accord pour augmenter les ratios de capitaux propres des banques. L’essentiel du travail s’effectue au sein du Comité de Bâle (réglementation Bâle 3). Pour simplifier, on indiquera que le ratio de fonds propres « durs » devra  au minimum dépasser 9%, sans compter un éventuel « risque systémique ». Malheureusement, le souci de protéger les épargnants se heurte, d’une certaine façon, au souhait de favoriser le financement bancaire en faveur de l’économie. Il est clair, en effet, que la nécessaire augmentation des capitaux propres des banques en fonction des risques pris par celles-ci peut les amener à restreindre certains crédits vers les PME par exemple. Il faudra donc trouver un équilibre entre ces deux contraintes opposées.</p>
<p>. <span style="text-decoration: underline;">La séparation de la banque de détail et de la banque d’affaires </span> Déjà adopté aux Etats-Unis (loi Dodd-Franck) et envisagé concrètement en Grande Bretagne (rapport Vickers), le principe de la séparation des activités de « retail banking » et des activités d’investissement apparaît moins évident en Europe Continentale, où la « banque universelle » demeure une tradition fortement établie. Dans la mesure où les banques allemandes ou françaises ont moins souffert, lors de la crise des « subprimes », la nécessité de procéder à un partage des activités ne semble pas s’imposer, sans un minimum de réflexion identifiant clairement les avantages et les inconvénients d’une telle décision. Donc, dossier à suivre…</p>
<p>Voilà donc un bilan circonstancié des tentatives de réforme du système financier mondial depuis 2007. J’ai bien sûr laissé de côté les péripéties de la crise de la dette qui frappe essentiellement la zone euro, car ce sujet à fait l’objet de plusieurs éditoriaux précédents. Globalement, on peut affirmer que les divers chantiers demeurent largement ouverts et resteront d’actualité au cours des prochaines années.</p>
<p><strong>Bernard Marois </strong>- Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC</p>
<table style="height: 35px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="6" align="left">
<tbody>
<tr>
<td width="5" height="17"></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><em><sup>(1)</sup></em><em>Ce dossier a été relancé cette semaine par l’initiative du Président Sarkozy de voir la France mettre en place, même seule, cette taxe sur les transactions financières.</em></p>
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		<title>Les Entretiens de l&#8217;Académie</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:32:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>William Nahum</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Académie vous propose un nouveau rendez-vous « Les Entretiens de  l’Académie ».
Ces Entretiens, courtes séquences vidéo disponibles en  libre accès, vous offrent les meilleures expertises et analyses de l’actualité  et des problématiques techniques qui vous concernent : le rôle des agences de  notation, la notation de la France, l&#8217;avenir de l&#8217;Europe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’Académie vous propose un nouveau rendez-vous « Les Entretiens de  l’Académie ».</strong></p>
<p>Ces Entretiens, courtes séquences vidéo disponibles en  libre accès, vous offrent les meilleures expertises et analyses de l’actualité  et des problématiques techniques qui vous concernent : le rôle des agences de  notation, la notation de la France, l&#8217;avenir de l&#8217;Europe, le rapport France/Allemagne, la réforme de l’audit, la normalisation comptable internationale, le capital immatériel, le contrôle interne et la maîtrise des risques  …</p>
<p><strong>A la Une &#8230; </strong><em>Olivier PASTRE, Michel AGLIETTA, Bertrand JACQUILLAT, Jean-Charles DE LASTEYRIE,  Jean-Louis THIERIOT, Sylvie MATHERAT, Florence LEGROS, Pascal IMBERT, Claude  CAZES, Jacques POTDEVIN, Marie-Ange ANDRIEUX, Jean-Louis BRUN D’ARRE, Fabrice  COUDRAY, Odile BARBE, Laurent DIDELOT.</em>..</p>
<p>Pour consulter les Entretiens de l&#8217;Académie : <a title="Pour consulter les Entretiens de l'Académie, cliquez ici " href="http://www.lacademie.info">www.lacademie.info </a></p>
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		<title>Le déclin de l&#8217;Occident</title>
		<link>http://blog-academie.info/2011/12/le-declin-de-loccident/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 16:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les relations commerciales entre l’Orient et l’Occident ont toujours été très actives. Ainsi les « routes de la soie », établies dès le deuxième siècle avant JC, ont continué à être sillonnées pendant tout le Moyen-âge, le thé et les épices venant s’ajouter aux soieries. Au niveau militaire, les conflits ont été plus rares. Notons la campagne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les relations commerciales entre <span style="text-decoration: underline;">l’Orient et l’Occident</span> ont toujours été très actives. Ainsi les « routes de la soie », établies dès le deuxième siècle avant JC, ont continué à être sillonnées pendant tout le Moyen-âge, le thé et les épices venant s’ajouter aux soieries. Au niveau militaire, les conflits ont été plus rares. Notons la campagne d’Alexandre le Grand contre les Perses puis en Asie Centrale (il détruisit Samarcande) et son échec face au roi Poros (plaines de l’Indus). On peut y ajouter les multiples guerres des Romains face aux Parthes et, ensuite, les croisades face au monde islamique.</p>
<p>Dans un premier temps, c’est l’Orient qui développe les <span style="text-decoration: underline;">innovations technologiques</span> : invention du papier en Chine, dès le VI<sup>ème</sup> siècle, puis des livres imprimés, et création des premiers billets de banque vers le X<sup>ème</sup> siècle, ainsi que la mise au point de la poudre et la découverte du compas de marine. Ajoutons que les premiers essais d’éclairage urbain à partir du gaz naturel ont été observés dans l’Empire du Milieu, dès le XII<sup>ème</sup> siècle. N’oublions pas non plus l’utilisation des chiffres (dits « arabes ») et du zéro, qui peut être attribuée à l’Inde et nous ont été transmis par l’Islam. Enfin, à l’époque où les capitales européennes  peinent à rassembler plus de 50 000 âmes, les grandes villes asiatiques  dépassent plusieurs centaines de milliers d’habitants à l’instar d’Angkor, capitale du royaume khmer.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS </strong>- Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC</p>
<p><span id="more-590"></span>C’est le <span style="text-decoration: underline;">quinzième siècle</span> qui va marquer le tournant historique d’un retournement de situation remarquable. En effet, au début de ce siècle « charnière », l’empire chinois est en pleine expansion : il envoie ses navires dans toute l’Asie et reçoit des tributs de tous les peuples d’Orient. Par ailleurs, sa flotte, sous le commandement de l’amiral Zheng He, est  envoyée vers le Golfe Persique et les côtes africaines. On sait même (documents récents) qu’une importante expédition chinoise a accosté rapidement en Amérique an 1421. A l’époque, les Européens  se sont à peine aventurés sur les côtes du Maroc, leurs caravelles étant considérées comme petites face aux énormes jonques chinoises. Soudainement, l’Empire du Milieu se replie sur son centre, abandonnant la périphérie et les continents lointains, au moment même où les Européens se lancent à la découverte de nouvelles terres : Vasco de Gama arrive en Inde et Christophe Colomb découvre l’Amérique. Au début du 16<sup>ème</sup> siècle, l’équipage de Magellan boucle le premier tour du monde.</p>
<p>Les siècles suivants vont voir l’hégémonie progressive de l’Europe. D’une part, la colonisation de nouvelles terres et la confiscation des richesses qui s’y trouvent,  accompagnées de l’essor de l’esclavage (main d’œuvre très bon marché) va faciliter l’accumulation d’actifs et le développement du capitalisme industriel, dont le centre, à partir du 18<sup>ème</sup> siècle, sera la Grande Bretagne. Celle-ci, en prenant possession de l’Inde, contribuera à faire disparaître l’industrie textile locale, au profit des usines britanniques. D’autre part, la Chine, principale puissance de l’Orient, se fermera aux marchands étrangers et, par ce biais, au développement  industriel, à tel point qu’à partir de 1840 et des guerres de « l’opium », elle sera elle-même colonisée et « dépecée » entre les principaux Etats européens (régime des « concessions »). Cette situation perdurera jusqu’en 1945.</p>
<p>Depuis lors, un rééquilibrage a commencé à se faire jour, favorisé par l’indépendance obtenue par les pays d’Asie (Inde en 1948 &#8211; Indonésie en 1947 etc.) et l’arrivée des communistes au pouvoir en Chine (1949). D’un point de vue économique, ce mouvement de bascule s’est amplifié depuis la fin du siècle précédent, avec, entre autres, les réformes introduites par Deng en Chine et l’ouverture progressive de l’Inde sur le monde : la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale<sup>(1) </sup>; l’Indonésie, la Corée et  le Vietnam progressent rapidement. Quelques statistiques le confirment : en 10 ans, les échanges sino-indiens ont été multipliés par 28 (62 milliards de dollars en 2010).</p>
<p>De même, le commerce sino-russe a été multiplié par 7 pendant la même période (55 milliards en 2010) et les relations commerciales entre l’Asie et l’Amérique du Sud dépasse 270 milliards de dollars (multipliées aussi par 7 en 10 ans).<br />
Aujourd’hui, la Chine est le principal investisseur au Brésil, avant même les Etats-Unis. Par ailleurs, la Chine, l’Inde et la Corée du Sud ont acheté récemment des millions d’hectares en Afrique (Ethiopie, Mozambique, Soudan) et investissent des sommes considérables dans les gisements de matières premières africains (à titre d’illustration, on notera que les échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique sont passés de 1 à 50 milliards de dollars en 10 ans).</p>
<p>Face à ce rééquilibrage, l’Occident apparaît relativement peu préparé à <span style="text-decoration: underline;">une remise en cause de son hégémonie</span>. Les Américains souhaitent une réévaluation du renminbi chinois, mais appréhendent l’arrivée de cette devise, en tant que monnaie de réserve. Autre sujet d’inquiétude : l’augmentation prévue des échanges Sud-Sud <sup>(2)</sup>, qui ne profiteront pas aux pays développés. De ce fait, si la croissance mondiale dépassera les 3% en 2012, elle sera limitée à 1,5% dans les pays développés. Le mouvement entamé, surtout depuis le début du siècle, n’est pas prêt de s’inverser ! A nous d’en tirer les conséquences.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS </strong>- Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC</p>
<p><em>(1) </em><em>Par ailleurs, le part de la Chine dans les échanges internationaux est passé de 3,5% en 2000 à 10% en 2011.</em></p>
<p><em>(2) </em><em>Selon de récentes statistiques, les flux d’échanges et de capitaux entre les pays émergents devraient être multipliés par 10 lors des 40 prochaines années.</em></p>
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		<title>La quadrature du cercle</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 15:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est la formule qui résume le mieux la situation de la zone euro actuellement. Les pays qui constituent cette zone doivent procéder pour la plupart, à une « cure » de désendettement qui promet d’être longue, car profonde : l’endettement total (public +privé) est compris entre 300% et 400% du PIB, en moyenne, ce qui est pratiquement un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la formule qui résume le mieux la situation de la zone euro actuellement. Les pays qui constituent cette zone doivent procéder pour la plupart, à une « cure » de désendettement qui promet d’être longue, car profonde : l’endettement total (public +privé) est compris entre 300% et 400% du PIB, en moyenne, ce qui est pratiquement un record historique. Mais diminuer la dette implique à la fois une hausse des prélèvements (impôts et cotisations) et une baisse des dépenses publiques, c&#8217;est-à-dire une chute certaine de la croissance voire un plongeon dans la récession, avec comme conséquence une diminution des rentrées fiscales, donc une augmentation de la dette. La seule façon de sortir de cette souricière serait de pratiquer un étalement du processus de désendettement sur 5 ou 10 ans, de façon à préserver un minimum de croissance. Le problème, c’est que les investisseurs et les créanciers vivent désormais dans le court terme, compte-tenu des incertitudes renforcées par le manque de crédibilité des solutions proposées par les politiques jusqu’à présent ; ceux-ci apparaissent comme hésitants, divisés, et, dans tous les cas, en retard sur les évènements ( le temps politique n’est pas celui des marchés !)</p>
<p><strong>Bernard MAROIS -</strong> Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur du Club Finance HEC</p>
<p><span id="more-587"></span>En fait, voici les questions soulevées par les milieux économiques :</p>
<ol>
<li><span style="text-decoration: underline;">Que va-t-on faire de la Grèce</span>, dont l’endettement dépasse 160% du PIB, le déficit budgétaire 8% et le taux de récession 6% ? Non seulement ce pays est actuellement <span style="text-decoration: underline;">insolvable</span>, mais la dérive de ses coûts de production (40% par rapport à l’Allemagne sur 10 ans) interdit tout retour à l’équilibre, même si 100% de la dette grecque était annulée !</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Comment éviter la contagion à l’Italie de la crise  grecque</span>, sachant que ce pays subit un endettement de 125% du PIB, avec une croissance pratiquement nulle et une gouvernance politique discréditée ? D’ores et déjà, le taux d’intérêt sur la dette italienne dépasse 6% (plus de 400 points de base au-dessus du « Bund » allemand). L’Espagne est également fragile avec 23% de chômage. Quant à la France, sa croissance est en berne, ce qui va rendre très difficile la diminution du déficit budgétaire en dessous de7%.</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Comment renforcer les lignes de protection de la zone euro ?</span><br />
Les dernières discussions de la semaine dernière, à Bruxelles, ont abouti à la décision d’augmenter la puissance de feu du FESB (Fonds Européen de Stabilisation Financière) de 440 milliards à 1 000 milliards d’euros, avec un éventuel effet de levier possible, mais dont les mécanismes ne sont pas clairement établis. De toutes façons, c’est insuffisant, si l’Italie craque (rappelons que la dette italienne dépasse 2 000 milliards!). En outre, le FESB est censé s’appuyer, soit sur la garantie des pays dotés du triple » A » (dont le nombre risque d’ailleurs  de diminuer dans les prochains mois !), soit sur la BCE, elle-même disposant de moyens limités , en raison, entre autres, des dispositions du Traité de Maastricht.</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Comment consolider la gouvernance de la zone euro ?<br />
</span>On sait que la réponse, c’est la mise en place de mécanismes à vocation fédérale. L’ennui c’est que la réalisation concrète de cet objectif » incontournable » demande du temps, de façon à convaincre les gouvernements et les citoyens de la nécessité de réaliser une union économique et politique pour sauver l’union monétaire. Bien que les pays de la zone euro soient « riches » en termes d’actifs ou de patrimoine, cela ne garantit pas la <span style="text-decoration: underline;">liquidité</span> du système financier européen, dans la mesure où les <span style="text-decoration: underline;">stocks </span>(les actifs) doivent produire des <span style="text-decoration: underline;">flux</span> pour alimenter les transferts au titre du service de la dette. On a vu avec la Grèce comme il était difficile par exemple d’utiliser les privatisations pour abonder le budget national. En période de crise, les disponibilités financières se cachent (achats d’or, transferts à l’étranger vers des pays « refuges », etc.).</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Qui viendra au secours de la zone euro ?</span><br />
Si celle-ci ne peut pas se sauver elle-même quels sont les « chevaliers blancs » potentiels ? On pense d’abord au FMI, dirigé par Christine Lagarde, « une européenne », celui-ci ne peut se désintéresser de l’Europe. Cependant, les droits de vote de la zone euro au FMI ne dépassant pas 15%, ce qui est fort peu, les négociations risquent d’être difficiles. Quant aux pays émergents et en particulier la Chine et les pays pétroliers riches (Qatar, Emirats Arabes Unis, etc.), la poursuite des échanges internationaux implique une Europe non moribonde. Ils pourront peut être nous aider, mais avec quelles contreparties ?</li>
</ol>
<p>Espérons que la réunion du G-20 à Cannes, en cette fin de semaine, apporte des réponses à ces 5 questions essentielles à notre avenir.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS -</strong> Professeur Emérite HEC Paris &#8211; Président d’Honneur du Club Finance HEC</p>
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		<title>L&#8217;Allemagne paiera !</title>
		<link>http://blog-academie.info/2011/10/lallemagne-paiera/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 08:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

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		<description><![CDATA[D’abord un peu d’histoire. Cette formule bien connue (« l’Allemagne paiera ») a été prononcée par Clémenceau en juillet 1919. Le traité de Versailles avait en effet fixé le montant  «  des réparations » (pour dommages de guerre (1))  que l’Allemagne devrait payer à la France : un total de 132 milliards de marks à verser en 62 ans ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>D’abord un peu d’histoire. Cette formule bien connue (« l’Allemagne paiera ») a été prononcée par Clémenceau en juillet 1919. Le <span style="text-decoration: underline;">traité de Versailles</span> avait en effet fixé le montant  «  des réparations » (pour dommages de guerre <sup>(1)</sup>)<sup>  </sup>que l’Allemagne devrait payer à la France : un total de 132 milliards de marks à verser en 62 ans ! A la suite de la première crise de l’inflation en Allemagne, fin 1921, celle-ci suspend ses paiements après seulement deux ans de versements. Une bonne partie de cette somme devait servir à rembourser les Etats-Unis des prêts qu’ils avaient octroyés à la France pour soutenir l’effort de guerre. Du coup, celle-ci suspendit aussi ses remboursements aux Américains. Les réparations allemandes reprennent en 1924, une fois la situation financière rétablie outre-Rhin : une vingtaine de milliards seront versés entre 1924 et 1932. Quant à la somme totale elle sera progressivement réduite, à la suite des plans Dawes et Young <sup>(2)</sup>. Après 1932 rien ne sera plus versé.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC</p>
<p><span id="more-585"></span>Un deuxième épisode de cette formule « l’Allemagne paiera » se situe en 1990. Cette fois-ci, il ne s’agit plus des conséquences d’une guerre, mais de l’effet d’une <span style="text-decoration: underline;">réunification</span> souhaitée ; en d’autres termes, « la RFA paiera pour la RDA ». Au total, plus de 1 000 milliards d’euros (en net <sup>(3)</sup>) seront transférés de l’Allemagne de l’Ouest vers de l’Allemagne de l’Est entre 1990 et 2000, pour remettre celle-ci à flot et la rapprocher de son homologue occidental. En plus, à travers un rapport de change très favorable à l’Est (1 Deutschmark= 1 Ostmark), la réunification a permis de sauvegarder le niveau de vie des ex-citoyens de la RDA. Bref, les Allemands de l’Ouest ont bien « payé » pour les Allemands de l’Est.</p>
<p>Nous sommes à la veille du troisième épisode, avec <span style="text-decoration: underline;">la crise grecque</span>. Celle-ci intervient seulement dix ans après le dernier effort effectué par les Allemands (en faveur de leurs compatriotes). On peut comprendre que les citoyens-contribuables de ce pays soient « agacés ». Selon un récent sondage réalisé par un grand journal allemand, 60% des Allemands soient hostiles à un effort financier en faveur de la Grèce. Celui-ci devrait prendre plusieurs formes : tout d’abord, les 210 milliards qui seront apportés par l’Allemagne au FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière). On ne sait pas d’ailleurs, pour l’instant, s’il s’agira d’un apport de cash ou de garanties (avec versements seulement en cas de tirages). Par ailleurs, les banques allemandes détiennent en portefeuille des Bons de Trésor grecs, qui ont déjà subi une décote (« haircut ») de 21%, avant d’enregistrer de nouvelles dépréciations, au fur et à mesure où la faillite du gouvernement grec se précisera <sup>(4)</sup>. Enfin, si l’on veut rétablir la compétitivité de la Grèce, il faudra réaliser des transferts bien supérieurs aux 350 milliards de dettes grecques. Plusieurs économistes ont évoqué le chiffre de 500 à 800 milliards d’euros. Même si l’Allemagne ne paiera que le montant de sa « quote-part » dans la zone euro, soit 40%<sup>(5)</sup>, ce sont des montants colossaux, à prélever au moment où la crise frappe également les Allemands<sup>(6)</sup>. Et si la contagion se transmet au Portugal, à l’Espagne, voire à l’Italie, il est clair que la tâche de l’Allemagne devient insurmontable, malgré la richesse substantielle de ce pays.</p>
<p>On voit donc que le comportement de l’Allemagne face à la crise grecque va être capital, lors des prochaines années. N’oublions pas cependant que les Allemands ne seront pas les seuls à payer: <span style="text-decoration: underline;">la France</span> est également en première ligne (150 milliards d’euros à verser au FESF !), mais nous sommes beaucoup moins « confortables » que nos voisins Rhénans, compte-tenu de notre propre endettement. Quant à nos banques…</p>
<p><strong>Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS &#8211; Président d’Honneur Club Finance HEC</p>
<p><em>(1)   </em><em>Le principe ainsi appliqué s’inspirait du précédent de 1871 : la France ayant perdu la guerre de 1870 qu’elle avait déclarée, Bismarck obligea celle-ci à verser une « indemnité de guerre » de 5 milliards de francs-or.</em></p>
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		<title>Pourquoi la Bourse s&#8217;est effondrée ?</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 13:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Globalement, le marché actions a connu depuis le début de l’été une contraction moyenne de 25%. Ainsi le CAC 40 est passé d’environ 4 000 à 3 000 en moyenne (fourchette : 2 800 -3 200). L’explication est évidemment simple : l’absence de confiance des investisseurs, minée par deux incertitudes majeures : le risque d’un « double dip » de l’économie mondiale, d’une part, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Globalement, le marché actions a connu depuis le début de l’été une contraction moyenne de 25%. Ainsi le CAC 40 est passé d’environ 4 000 à 3 000 en moyenne (fourchette : 2 800 -3 200). L’explication est évidemment simple : <span style="text-decoration: underline;">l’absence de confiance</span> des investisseurs, minée par deux incertitudes majeures : le risque d’un « double dip » de l’économie mondiale, d’une part, et le risque de l’éclatement de la zone euro, d’autre part.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS &#8211; Président d’Honneur du Club Finance HEC</p>
<p><span id="more-582"></span>Sur le premier point, il suffit de rappeler quelques chiffres : selon le FMI, la croissance américaine n’atteindra que 1,5% en 2011 (au lieu de 2,5% prévus) et 1,8% en 2012 (au lieu de 2,7%). Quant à la zone euro, elle ne progresserait que de 1,6% en 2011 et 1,1% en 2012. Par ailleurs, les pays émergents (et en particulier la Chine) voient également leur croissance ralentie. En ce qui concerne les pays industrialisés, ce qui est en point de mire, c’est une « <span style="text-decoration: underline;">situation à la japonaise »</span> avec une croissance « molle » tendant vers zéro. En d’autres termes, le spectre de la <span style="text-decoration: underline;">déflation</span> n’est pas totalement écarté. Quant aux mesures disponibles pour contrer ce risque, elles sont de plus en plus restreintes : il est d’ores et déjà difficile de baisser les taux d’intérêts, car ils se situent au minimum (taux d’intérêts réels négatifs !) ; en ce qui concerne la création monétaire (Quantitative Easing III » aux Etats-Unis), elle n’est pas très efficace car aboutissant à constituer des bulles financières (or, matières premières, cash) sans pour autant alimenter l’inflation potentielle, puisque des taux de chômage pèsent sur d’éventuelles augmentations de salaires. En outre, la plupart des pays se sont engagés dans des politiques de rigueur, destinées à faciliter le désendettement, mais cause également de stagnation économique. Et, par conséquent, ce premier point, chute de la croissance, interfère fortement avec le second point, nécessité de mettre en œuvre des <span style="text-decoration: underline;">politiques de désendettement</span>. Clairement, une expansion économique faible entraîne moins de recettes fiscales, donc la persistance d’un déficit budgétaire et donc, mécaniquement, une <span style="text-decoration: underline;">augmentation</span> de la dette publique. N’oublions pas que l’endettement actuel présente trois caractéristiques particulièrement inquiétantes, car concomitantes : il est généralisé à pratiquement tous les pays industrialisés (100% du PIB pour les Etats-Unis ; 90% pour la zone euro ; 220% pour le Japon, etc.) ; il est <span style="text-decoration: underline;">élevé</span>, selon une analyse historique, pour une période sans guerre ; il est complété par <span style="text-decoration: underline;">un endettement bancaire et privé</span> également très élevé (230% du PIB japonais ; 220% du PIB britannique ou français ; 200% du PIB américain, etc.).En plus, il s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique, comme il a été indiqué précédemment.</p>
<p>On peut rajouter que la chute boursière est encore plus sensible dans la <span style="text-decoration: underline;">zone euro</span>, car celle-ci connait un problème additionnel (troisième cause de baisse, après le ralentissement économique et l’endettement excessif) qui est <span style="text-decoration: underline;">l’avenir incertain de la zone euro elle-même</span>, dans son périmètre actuel. Le cas de la Grèce est vraiment « désespéré » : un endettement de 165% du PIB, en hausse constante, dû à l’impossibilité de comprimer le déficit budgétaire (9% du PIB), car les recettes fiscales sont en baisse (la récession dépassera 6% du PIB en 2011 !) ; le système fiscal est totalement chaotique, les grandes fortunes grecques sont installées à l’étranger ; les privatisations sont difficiles, car les entreprises mises en vente sont surendettées, etc.). Il est évident que les investisseurs redoutent une faillite de la Grèce, qui pourrait-être suivie d’un retrait de ce pays de la zone euro, avec un <span style="text-decoration: underline;">risque de contagion</span> certain au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie. Le plus grave, c’est que les PIGS<sup>(1) </sup>ont perdu beaucoup de <span style="text-decoration: underline;">compétitivité </span>depuis 10 ans : ainsi, les salaires grecs ont augmenté de 35% par rapport aux salaires allemands et les Espagnols de 28% !</p>
<p>D’un point de vue économique, la remise à niveau de ces pays implique des transferts supérieurs à 2 000 milliards d’euros sur 5 à 10 ans (c’est un minimum!). En fait cela représente 2 à 3 fois le montant des capitaux versés par l’Allemagne de l’Ouest à l’Allemagne de l’Est pour réunification. On conçoit l’aversion des Allemands pour remettre la main à la poche.</p>
<p>Alors de bons esprits proposent d’accélérer l’intégration européenne en citant en exemple le <span style="text-decoration: underline;">fédéralisme</span> américain. Sauf qu’il y a <span style="text-decoration: underline;">quatre énormes différences</span> entre les Etats-Unis et la zone euro. Celle-ci est composée d’Etats souverains disposant de cultures de langues et de traditions politiques très variées ; rien à voir avec les USA homogènes et de langue anglaise. Deuxièmement, le budget fédéral américain dépasse 12% du PIB, contre 1% pour l’Union Européenne : les transferts inter-étatiques ne sont donc pas comparables. Troisièmement, les Etats américains n’ont pas le droit d’avoir des budgets en déséquilibre (en conséquent, la dette de la Californie, par exemple, est inférieure à 15% du PIB californien, soit dix fois moins que la Grèce !). Enfin le processus de décision américain est beaucoup plus <span style="text-decoration: underline;">rapide et réactif</span> que son homologue européen, qui doit passer par de multiples cénacles (Etats, BCE, Commission, FESF, etc.) et peut être bloqué par la mauvaise volonté d’un membre (nécessité de l’unanimité). Bref, <span style="text-decoration: underline;">le temps des marchés</span>, de plus en plus rapide, n’a rien à voir <span style="text-decoration: underline;">avec le temps des décideurs (multiples) européens</span> : ceux-ci s’efforcent de courir derrière les évènements, quitte à être dépassés par les péripéties de l’actualité.</p>
<p>Tout ce contexte permet de comprendre l’aversion au risque, actuellement maximale, des investisseurs. Changer cette configuration négative prendra certainement beaucoup de temps.</p>
<p><strong>Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS &#8211; Président d’Honneur du Club Finance HEC</p>
<p><em><sup>(1)</sup>Portugal, Italie, Grèce, Spain (Espagne).</em></p>
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		<title>Le financier dans le nuage</title>
		<link>http://blog-academie.info/2011/10/le-financier-dans-le-nuage/</link>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 14:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand l&#8217;e-business a vu le jour tout le monde pariait que l&#8217;on avait à faire à un slogan de plus, un coup de pub, à un effet de mode, après quelques années de développement et d&#8217;usage nous constatons qu&#8217;il est devenu incontournable. Aujourd&#8217;hui on nous parle du cloud, du cloud computing, de l&#8217;informatique dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><span style="font-size: x-small;">Quand l&#8217;e-business a vu le jour tout le monde pariait que l&#8217;on avait à faire à un slogan de plus, un coup de pub, à un effet de mode, après quelques années de développement et d&#8217;usage nous constatons qu&#8217;il est devenu incontournable. Aujourd&#8217;hui on nous parle du cloud, du cloud computing, de l&#8217;informatique dans les nuages. </span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">Quel financier n&#8217;a pas utilisé ou n&#8217;utilise pas une adresse Gmail via un navigateur internet (Internet Explorer, Firefox, Chrome, etc&#8230;) ? C&#8217;est déjà du cloud. </span><span style="font-size: x-small;">Lorsque Salesforce.com, acteur de la gestion de la relation client (GRC/CRM) dans le nuage, et Intuit, poids-lourd américain dans le domaine des solutions de gestion financière, conclurent un partenariat au printemps 2011 pour proposer la Finance en mode Cloud aux TPE et PME ce n&#8217;était certes pas pour offrir un service de plus aux entreprises mais bien pour conquérir un nouveau marché en pleine expansion&#8230;</span></div>
<div><span style="font-size: x-small;"></p>
<div><span style="font-size: x-small;"><strong></strong></span> </div>
<div><span style="font-size: x-small;"><strong>Laurent LELOUP</strong> – Responsable rédaction Finyear</span></div>
<div><span style="font-size: x-small;"><span id="more-577"></span></span></div>
<p></span></div>
<div> <span style="font-size: x-small;">Aujourd&#8217;hui de nombreux éditeurs proposent des solutions dédiées gestion financière &laquo;&nbsp;dans les nuages&nbsp;&raquo;. Avec l&#8217;internet à haut débit et les nouvelles infrastructures réseaux le cloud est la dernière étape de l&#8217;externalisation des serveurs, des sauvegardes et des applications. IBM, SAP, Microsoft, etc&#8230;pour ne citer qu&#8217;eux sont très actifs sur le Cloud et les éditeurs de solutions verticales type gestion financière ne sont pas en reste&#8230;</span></div>
<div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">Il est vrai que cloud offre de nombreux avantages :<br />
- vous payez en fonction de votre usage et de vos volumes</span></div>
<div><span style="font-size: x-small;">- vous accédez à vos applications n&#8217;importe où et n&#8217;importe quand via un navigateur web<br />
- vous n&#8217;investissez plus dans des serveurs et n&#8217;avez plus à gérer l&#8217;infrastructure informatique<br />
- &#8230;.et mobilité oblige vous pouvez vous connectez via un mobile ou une tablette.</span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">Autre exemple : Orange Business Services annonce ce jour avoir complété sa gamme de solutions de cloud computing avec un nouveau service d&#8217;accès distant sécurisé au réseau et aux données de l&#8217;entreprise à partir de tous types de terminaux &#8211; ordinateurs portables, smartphones et tablettes &#8211; et via tout type de connection réseau (WiFi, 3G ou DSL) ». Sa commercialisation en France est prévue courant 2012.</span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">De quoi démocratiser encore un peu plus l&#8217;usage du cloud dans l&#8217;entreprise et permettre aux financiers d&#8217;avoir accès à des &laquo;&nbsp;softwares&nbsp;&raquo; sans les soucis du &laquo;&nbsp;hardware&nbsp;&raquo;.</span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">Un récent rapport d&#8217;Aberdeen Group précise &laquo;&nbsp;&#8230;Étant donné les obligations de reporting financier actuelles et futures, notamment l&#8217;IFRS (International Financial Reporting Standards) ainsi que les responsabilités supplémentaires imposées aux entreprises par de nouvelles dispositions réglementaires alors que la reprise économique se confirme et entraîne une multiplication des fusions, les entreprises doivent impérativement disposer de solutions simples et flexibles leur permettant de respecter ces exigences&#8230;.&nbsp;&raquo;</span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;">Et vous qu&#8217;en pensez-vous ?</span></div>
<div> </div>
<div><span style="font-size: x-small;"><strong>Laurent LELOUP</strong> – Responsable rédaction Finyear</span></div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les énergies renouvelables attirent peu les dirigeants de PME françaises</title>
		<link>http://blog-academie.info/2011/09/les-energies-renouvelables-attirent-peu-les-dirigeants-de-pme-francaises/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 07:48:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog-academie.info/?p=574</guid>
		<description><![CDATA[Malgré les impacts du Printemps arabe sur le prix du pétrole, seulement 35 % des dirigeants de PME françaises seraient favorables à investir davantage dans le marché des énergies renouvelables.
Alors que les récents événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et leurs conséquences sur le prix du baril relancent le débat au niveau mondial [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré les impacts du Printemps arabe sur le prix du pétrole, seulement 35 % des dirigeants de PME françaises seraient favorables à investir davantage dans le marché des énergies renouvelables.</p>
<p>Alors que les récents événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et leurs conséquences sur le prix du baril relancent le débat au niveau mondial sur les énergies renouvelables, une étude de Grant Thornton (menée par Experian Business Strategies Ltd. auprès d’un panel de 11 000 entreprises privées, à travers 39 pays représentant plus de 80 % du PIB mondial), indique que seulement 35 % des dirigeants d’entreprises françaises interrogés seraient plutôt favorables à investir dans les énergies renouvelables (contre 41% qui ne l’envisagent pas), soutenant ainsi les efforts du gouvernement.</p>
<p>La position de la France s’inscrit dans la lignée de l’opinion majoritaire européenne (38 % pour et 46 % contre).</p>
<p><strong>Laurent LELOUP –</strong> Responsable rédaction Finyear</p>
<p><span id="more-574"></span>C’est au sein des pays de l’ASEAN * et de l’APAC** que les dirigeants d’entreprise sont les plus nombreux à concevoir une augmentation de l’investissement public (respectivement 61% et 52 % contre une moyenne mondiale de 44 %) en faveur de ces énergies nouvelles.</p>
<p>Le prix du baril a augmenté proportionnellement à l’intensité de la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : il est ainsi passé de 125 US$ en avril contre 85 US$ en début d’année et<br />
110 US $ aujourd’hui.</p>
<p>Les différents désaccords entre les pays de l’OPEP quant à l’augmentation de l’offre, ont conduit d’une part, l’Agence Internationale de l’Energie à libérer plus de 60 millions de barils des stocks d’urgence, et de l’autre, les entreprises à mieux explorer les nouvelles sources d’énergies.</p>
<p>En effet, les résultats de l’étude soulignent également qu’au plan mondial, 51 % des dirigeants d’entreprises interrogés considèrent qu’ils pourraient, à court terme, intégrer une hausse des coûts énergétiques afin de réduire leur dépendance au pétrole et atteindre ainsi des prix plus stables à long terme.</p>
<p>Si cette position est soutenue par 60 % des entreprises en Amérique du Nord et 58 % au sein des pays de l’ASEAN, l’écart reste faible au sein des PME européennes. En effet, 46% des dirigeants déclarent être en mesure d’absorber cette hausse de prix ; 43%, en revanche, ne s’en n’estiment pas capables.<br />
La France (et ses dirigeants d’entreprises) fait partie des pays principaux pays à estimer ne pas pouvoir supporter cette initiative (à 45 % contre 38% en faveur) après l’Italie (52 %) et les<br />
Pays -Bas (46 %).</p>
<pre><em>*ASEAN : Malaisie, Philippines, Thaïlande, Singapour, Viêtnam
**APAC (Asia Pacific) : Australie, Chine continentale, Hong Kong, Inde, Japon, Malaisie, Nouvelle Zélande, Philippines, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Viêtnam</em></pre>
<p><strong>Laurent LELOUP –</strong> Responsable rédaction Finyear</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Capital investissement – Opportunités de croissance à l’horizon 2012</title>
		<link>http://blog-academie.info/2011/09/capital-investissement-%e2%80%93-opportunites-de-croissance-a-l%e2%80%99horizon-2012/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 07:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog-academie.info/?p=571</guid>
		<description><![CDATA[XERFI vient de publier une étude approfondie, après plusieurs semaines d’enquêtes et d’analyses, sous le titre : « Capital investissement – Opportunités de croissance à l’horizon 2012, paysage concurrentiel et forces en présence ».
Voici quelques-uns des principaux enseignements de cette analyse de 100 pages :
Sérieusement secoué par la crise, le secteur du capital investissement se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>XERFI vient de publier une étude approfondie, après plusieurs semaines d’enquêtes et d’analyses, sous le titre : « Capital investissement – Opportunités de croissance à l’horizon 2012, paysage concurrentiel et forces en présence ».</p>
<p>Voici quelques-uns des principaux enseignements de cette analyse de 100 pages :</p>
<p>Sérieusement secoué par la crise, le secteur du capital investissement se remet peu à peu. Le retour à des jours meilleurs pour les professionnels s’est confirmé au cours des premiers mois de 2011 avec la reprise des LBO, principaux moteurs du marché. Sans oublier que les problématiques de transmission d’entreprises et le retour des cessions seront aussi générateurs d’affaires. Entre les acteurs financiers qui se désengagent du secteur et ceux qui au contraire y consolident leurs positions, le capital investissement est également en pleine effervescence.</p>
<p><strong>Laurent LELOUP</strong> – Responsable rédaction Finyear</p>
<p><span id="more-571"></span>Nul doute que les normes prudentielles plus strictes imposées par la réglementation (Bâle III, Solvabilité II) et la prochaine directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers) vont accélérer la reconfiguration du secteur. Crédit Agricole Private Equity serait ainsi à vendre tandis que Natixis a déjà cédé en 2010 ses activités de private equity pour compte propre à Axa PE. Ce dernier a acquis en juin 2011 un portefeuille de participations de d’une valeur de 1,7 milliards de dollars auprès de Citigroup et un autre de 740 millions de dollars auprès de Barclays.</p>
<p>Pas de retour au « business as usual »<br />
Le secteur retrouve donc des couleurs. Il faut pourtant se garder d’un optimisme démesuré. Un retour au « business as usual » est en effet difficilement envisageable. La concurrence sur les « bons dossiers » va se renforcer et les meilleurs gérants seront privilégiés. La confiance des investisseurs dans le capital investissement reste bien fragile et leurs exigences de rendements se sont accrues. De quoi alimenter le mouvement de concentration du secteur qui fera le tri entre les différents acteurs.</p>
<p>Les sociétés de capital investissement devront impérativement faire la preuve de la pertinence de leurs choix stratégiques et de leurs compétences pour regagner la confiance des investisseurs mais aussi des clients, soit les entreprises financées. En clair, il leur faudra revenir aux fondamentaux négligés pendant la période euphorique d’avant-crise. Faire tourner les portefeuilles pour regagner des points de rentabilité est une condition sine qua non pour restaurer la confiance. Alors, les qualités (rentabilité supérieure au rendement boursier, source de diversification des allocations d’actifs…) du private equity redeviendront d’actualité. Des qualités qui viendront compenser l’aversion au risque des investisseurs depuis la crise.</p>
<p>Un métier en pleine mutation<br />
Au-delà, c’est l’exercice même du métier qui évolue. La période récente a consacré le modèle anglo-saxon de l’indépendance. La naissance du « nouvel » opérateur NiXen, fruit du démantèlement de Natixis Private Equity, en est la parfaite illustration. Le partnership se développe d’autant plus que les boutiques indépendantes ont globalement mieux traversé la crise que les filiales de groupes financiers. Les équipes sont désormais plus resserrées et plus impliquées. Les associés sont liés financièrement à la société de capital investissement (même si le mode de calcul du carried interest est désormais moins avantageux). Le modèle anglo-saxon du private equity retrouve toute sa force.</p>
<p><strong>Laurent LELOUP</strong> – Responsable rédaction Finyear</p>
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		<title>Quand la Turquie se réveillera</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 12:59:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Marois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Thèmes divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Au XIXème siècle, l’Empire Ottoman (la Turquie d’hier) était considéré par tous les observateurs,  comme « l’homme malade de l’Europe ». Après avoir été du coté des vaincus lors de la première guerre mondiale, l’empire ottoman a été dépecé de tous ses territoires « non &#8211; turcs », pour donner vie, quelques années plus tard (1923), à la République [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au XIX<sup>ème</sup> siècle, l’Empire Ottoman (la Turquie d’hier) était considéré par tous les observateurs,  comme « l’homme malade de l’Europe ». Après avoir été du coté des vaincus lors de la première guerre mondiale, l’empire ottoman a été dépecé de tous ses territoires « non &#8211; turcs », pour donner vie, quelques années plus tard (1923), à la République de Turquie, laïque et relativement homogène, en termes ethniques <sup>(1)</sup>, sous la férule d’Atatürk, Président autoritaire,  jusqu’à sa mort en 1938. Depuis la seconde guerre mondiale, la Turquie a été relativement discrète, adhérant  d’abord à l’OTAN, puis signant un accord commercial avec la CEE (qui a précédé l’Union Européenne). Depuis quelques années Ankara a posé sa candidature à l’entrée dans l’Union Européenne, candidature qui  soulève de nombreuses polémiques, que ce soit au niveau intérieur (pour l’instant une majorité de turcs est favorable à l’entrée, mais ce pourcentage est en voie de diminution) ou au niveau européen (il n’y a pas de consensus sur ce sujet) et les négociations entre l’Union Européennes et la Turquie avance lentement.</p>
<p><strong> Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS- Président d’Honneur CLUB FINANCE HEC</p>
<p><span id="more-569"></span>Avant d’entrer dans ce débat très complexe, nous rappellerons d’abord quelques chiffres. En termes de population, la Turquie abrite 79 millions d’habitants et exerce une influence certaine sur les 50 millions de turcophones d’Asie Centrale (anciens « Turkestan » Oriental et Occidental). En 2010, le PIB a crû de 9% l’an, entrainant ainsi un quasi-triplement du PIB par habitant entre 2001 et 2011. Dans le même temps, les exportations ont quadruplé! et le taux d’inflation est passé de 40% à 6%. De ce fait, l’économie Turque se situe à la 17<sup>ème</sup> place mondiale et pourrait être dans le peloton des 10 premiers pays, avant 2050. Le seul point noir est le déficit de la balance courante qui tend à augmenter.</p>
<p>Si l’on se projette dans le futur, on constate que la Turquie va continuer à attirer les capitaux étrangers déjà très présents. Ainsi, les entreprises allemandes sont fort actives établissant des filiales de fabrication et de distribution (par exemple Mercédès), et profitant des relations historiques avec l’Empire Ottoman. Récemment, les capitaux arabes sont venus les rejoindre ; là encore des liens anciens sont ravivées (l’Iran et l’Irak sont, par ailleurs, d’importants partenaires commerciaux de la Turquie). Sans compter, les intérêts pétroliers (présence de plusieurs oléoducs transportant le pétrole d’Asie Centrale vers la Méditerranée). Bref, la Turquie est devenue une plaque-tournante incontournable entre le Moyen-Orient et l’Europe. Ajoutons que le gouvernement turc fait des efforts substantiels pour améliorer les infrastructures locales, de façon à les rapprocher des normes européennes.</p>
<p>Si maintenant, nous voulons dresser un bilan des aspects négatifs et positifs, en vue d’un rapprochement avec l’Union Européenne, on soulignera les points suivants. Dans la colonne « <span style="text-decoration: underline;">moins</span> » on trouvera : <span style="text-decoration: underline;">des conflits politiques non résolus</span> (la partition  de Chypre, dont la partie Nord est occupée par l’armée turque ; la question « kurde » en voie de résolution lente ; la non-reconnaissance du génocide arménien) ; les interrogations liées au <span style="text-decoration: underline;">contexte religieux</span> (la place de l’Islam dans l’Etat turc) : la laïcité semble être en danger, si l’AKP reste au pouvoir trop longtemps ; enfin, <span style="text-decoration: underline;">d’un point de vue géographique</span>, seul 5% du territoire turc appartient au continent européen.</p>
<p>Dans la colonne « <span style="text-decoration: underline;">plus</span> », on pourra faire figurer : <span style="text-decoration: underline;">une démographie dynamique</span>, alors que la plupart des pays européens connaissent une diminution structurelle. Par ailleurs, ainsi qu’il a été mentionné antérieurement, la <span style="text-decoration: underline;">vigueur économique</span> de la Turquie est la bienvenue, pour les industries européennes plutôt stagnantes : la hausse des échanges et l’augmentation des investissements (rentables) sur place garantissent pour les entreprises de l’Union Européenne, l’accès à un marché proche et prometteur (croissance de la consommation annuelle aux alentours de 10%). Enfin, <span style="text-decoration: underline;">l’histoire</span> de la Turquie témoigne de son intérêt pour l’Europe, bien que les interventions militaires des sultans ottomans aient plus pris la forme de conquêtes « prédatrices » que d’influences économiquement profitables dans les pays des Balkans (Serbie, Bulgarie, Roumanie, Grèce, et).</p>
<p>Pour conclure, il semble que le rapprochement de la Turquie et de l’Europe doit se poursuivre ; mais, compte-tenu des problèmes actuels de l’Union Européenne et en particulier de la zone euro, il est souhaitable d’attendre à la fois la résolution de la crise de l’endettement public (pour l’Europe) et la levée des obstacles politiques et religieux<sup>(3) </sup>(pour la Turquie), avant d’envisager une quelconque adhésion.</p>
<p><strong> Bernard MAROIS</strong> &#8211; Professeur Emérite HEC PARIS- Président d’Honneur CLUB FINANCE HEC</p>
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