France : état des lieux, avant les élections
Vendredi, avril 13th, 2012Commençons par rappeler quelques statistiques officielles, qui permettent de dresser un premier bilan de la mandature Sarkozy : entre 2007 et 2012, la dette publique totale(1) de la France est passée de 62% à 89% sans tenir compte des engagements futurs liés au règlement des retraites des fonctionnaires et assimilés. Dans le même temps, l’endettement total (secteur public + entreprises + ménages) a atteint 350%. Parallèlement, le déficit budgétaire s’est accru de 4,1% à 5,3%. Cela explique que le ratio des dépenses publiques par rapport au PIB soit passé de 52% à 56%, durant le quinquennat (selon les prévisions les dépenses publiques atteindront 56% du PIB en 2012 alors que les recettes publiques plafonneront à 50,8 %). En ce qui concerne les prélèvements, leur montant a progressé de 42% à 45%. Ce sont essentiellement les impôts sur le capital qui ont connu une hausse substantielle : ainsi la taxation des plus-values immobilières a crû de 27% (2007) à 34,5% (en 2012) ; celle des plus-values mobilières a suivi la même courbe. Quant aux dividendes, la taxation a grimpé de 27% (en 2007) à 36,5 (en 2012).
Si maintenant on se penche sur notre commerce extérieur, on constate que notre déficit commercial s’est fortement aggravé : – 75 milliards d’euros en 2011, soit 40% de détérioration par rapport à 2007.Cet effondrement coïncide avec, d’une part, la baisse du secteur industriel français dans la formation de notre PIB et, d’autre part, la chute de la durée du travail en France, par rapport à l’Allemagne (6% pendant la présidence de Sarkozy) (2) .
Bernard MAROIS – Professeur Emérite à HEC PARIS – Président d’honneur du Club Finance HEC